La voiture est-elle encore synonyme de liberté ?

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S’il y a bien un mot qui est employé à toutes les sauces, dont le sens est trituré et assaisonné en fonction des goûts de chacun, c’est bien celui-ci : LIBERTÉ !

La #liberté se mange et se digère comme si c’était un sandwich. 

Mais pour manger ce sandwich, il a fallu de la farine et de l’eau pour le pain, et pour le garnir : de la mozzarella ou du brie, du jambon cuit ou cru, des tomates, de la laitue, des cornichons et du beurre.

Garé en double file, un camion a livré à la boulangerie du quartier des sacs de farine en début de semaine. Les autres ingrédients sont arrivés d’Italie, d’Occitanie, de Normandie et d’Asie.

Il a fallu les transporter en camion, en avion et par bateau.

Notre liberté de manger ce sandwich dépend des moyens de transport  !

Un taxi à la sortie de la caverne

Mais le roi des moyens de transport est moins « ventripotent », c’est la voiture. Elle nous apporte bien plus qu’un sandwich comme expression de notre liberté.

Je vous invite à faire un grand bond en arrière, même s’il sera bref, dans la caverne de Platon. Et je me pose, de façon totalement hérétique et anachronique, ces questions : Platon aurait-il pu écrire cette allégorie au XXe et XXIe siècle? Aurait-il pu occulter cet objet qui a littéralement transformé notre planète ?

Photo by Zulmaury Saavedra

Libéré de ses chaînes, le prisonnier éprouve des difficultés à marcher et est aveuglé par la lumière, alors il finit par retourner dans la caverne, seule réalité qu’il connaît. Croyez-vous vraiment qu’il aurait fait la même chose si un taxi avait pu l’attendre à sa sortie ?

Certainement pas ! Au contraire, il en aurait profité pour s’évader de cette fatalité et aller le plus loin possible de ce lieu. Soumis aux contraintes de son statut de prisonnier depuis sa naissance, il aurait immédiatement saisi le concept de liberté et donc saisi sa chance.

Une liberté rendue possible par l’usage de la voiture. J’insiste sur le mot « usage », car le prisonnier ne peut évidemment pas en être le propriétaire.

Il ne manquait donc que l’automobile aux prisonniers de la caverne de Platon pour découvrir cette autre réalité, le monde extérieur.

Prisonniers d’une caverne digitale

Même le prodigieux smartphone, objet de tous nos désirs et que l’on voit comme une lampe d’Aladin moderne, n’exerce pas autant de fascination et de force. Il produit même l’effet inverse et nous enferme parfois dans une caverne digitale qui nous ramène à l’état de prisonnier.

Photo by Collins Lesulie

Comment en sortir ? Il suffirait d’une voiture pour nous conduire chez un cousin, une ferme bio, une montagne, un bord de mer, un monument, un musée, une boulangerie et mille autres lieux d’émerveillements et de rencontres.

Jamais la voiture n’aurait pu transformer notre Terre de cette façon, si elle n’avait été le symbole d’une grande liberté, l’instrument même qui rend cette liberté possible, jusqu’à en devenir son synonyme.

Trop de voitures ont blessé la liberté

Mais trop de liberté tue la liberté. Traduction, trop de voitures ont blessé gravement la liberté. Capot contre capot, on devient à nouveau des prisonniers. Platon lui-même toujours dans « La République » (dont est aussi extrait l’Allégorie de la Caverne) affirmait :

« L’excès de liberté ne peut tourner qu’en excès de servitude pour un particulier aussi bien que pour un état. »

Ce n’est donc pas la voiture qu’il faudrait combattre, mais ses excès.

L’excès qui a déformé les plus beaux paysages de notre planète, l’excès qui a asphyxié l’air pur de nos vallées, l’excès qui a rendu sourdes nos oreilles dans les centres-villes. 

Ces excès, nous voulons les combattre, non pas en supprimant la prétendue cause. Ce serait se comporter comme le détective inexpérimenté qui désigne le coupable à la vue des premiers indices. Non, sur ce blog, nous voulons mener une vraie réflexion et au fur et à mesure de l’avancée du projet, proposer des solutions solides. On comprend mieux l’importance de l’usage. Un usage qu’il faut rendre vertueux pour retrouver cette liberté chérie.

La liberté se mange et se digère comme si c’était un sandwich

Je termine cet article confortablement assis dans un fauteuil du Village by CA à Sophia Antipolis. Il est midi, j’ai envie de profiter de ma liberté pour aller manger un sandwich face à la Méditerranée sur la Croisette, la promenade des Anglais ou la Corniche d’or, là où ma voiture me portera.

À suivre…

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One Reply to “La voiture est-elle encore synonyme de liberté ?”

  1. Guy Couturier dit :

    Les générations Y et Z avec la liberté “automobile” :

    Les jeunes des générations Y et Z (l’avenir des automobilistes), ceux nés : pour la génération Y, entre 1980 et 2000. La génération Z, à partir de l’an 2000. Ils se demandent de plus en plus, s’ils ont toujours besoin ou non d’acquérir un véhicule. En effet ces générations considèrent la voiture plutôt comme une entrave à leur liberté digitale.

    Il faudra vraisemblablement l’arrivée des voitures autonomes, sans la charge de la conduite, qui leur permettra d’aller d’un point A à un point B. En restant connecté avec leur univers numérique

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