François Michelin, un industriel « philosophe du travail » :

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François Michelin

François Michelin :

Petit-fils d’Édouard Michelin (1859-1940), et père d’Édouard Étienne Michelin (1963-2006), Il prendra la direction du Groupe Michelin en 1955.

Il entre dans le Groupe familial Michelin en 1951, sous une identité cachée (pour rester un travailleur anonyme), pour un parcours initiatique de quatre ans. Pendant deux ans il travaille avec les équipes qui font les horaires en 3×8, comme ouvrier-ajusteur à l’atelier Poids Lourds et comme confectionneur de pneus pour voitures particulières. Il passe ensuite dans les services du commerce et de la recherche. Ce passage dans la recherche sera la clé et l’une de ses passions. Quand il prit la responsabilité du groupe, les investissements en R&D feront passer Michelin de la 20ème place à celle de No 1 mondial en 1979. Doublant ainsi tous ses concurrents américains, européens et asiatiques.

Une école de management :

Il adoptera toujours son mode de management en prenant en compte les enjeux sociaux et environnementaux, au-delà de la notion de profit. Un fonctionnement également basé sur le respect des personnes :

« La responsabilisation est véritablement au service du respect des personnes en ce qu’elle permet de renforcer ce que j’appelle la symétrie des attentions, c’est-à-dire l’attention portée aux personnes que sont les clients et aux personnes qui travaillent pour Michelin ».

En 1974, la participation du groupe Michelin aux revenus fiscaux de l’Auvergne atteindra 57% pour une population d’environ 1,4 million d’habitants. Michelin représente la seule entreprise du CAC 40, ayant conservé la localisation de siège social dans sa province d’origine.

Il écrira plusieurs livres (sur le management) plein de bon sens et de valeurs humaines … et de bons sens !

Laissons parler

« Monsieur François » :


« Le patron de la couturière, c’est ce qui permet de faire des modèles. Le rôle du patron est de veiller à ce que le modèle sur lequel tout le monde travaille dans l’usine soit vendable auprès de la clientèle ». 


Regardez mes oreilles, elles sont décollées. C’est mon plus beau diplôme. Faites-vous décoller les oreilles et écoutez ce qui se passe. 


Si j’utilise des mots simples quand je parle, c’est simplement pour être sûr de comprendre ce que je dis. 


Quand les gens sont saturés d’idées toutes faites, ils n’écoutent pas les idées pratiques.

L’entreprise est élue tous les jours par ses clients.”

“La vie industrielle est telle qu’il est impossible de fixer des seuils, des échéances.”

“Du jour où nous oublions que nous fabriquons des objets qui ont une finalité de service, nous faisons une erreur qui peut être mortelle.”

“Regarde et écoute, ce sont les personnes avec qui tu travailles qui te feront ce que tu dois être.”

Être patron est une mission, mais le seul vrai patron est le client. 


François M. affirmait aussi :


J’ai bien peur d’avoir commis un certain nombre d’erreurs. Le nombre d’erreurs que j’ai faites et que cette Maison a eu la gentillesse de me faire relever est considérable. Mais sans cela, je n’aurai pas pu croître. 

Les usines sont les cathédrales des temps modernes. 

L’homme est un être éminemment éducable : il ne s’éduque qu’en supportant les conséquences de ses actes.

Aider l’homme à devenir ce qu’il est, voilà ce qui compte avant tout.

L’usine est comme un verbe dont le sujet est le client. 

L’entreprise est élue tous les jours par ses clients. 

L’automobile est à la circulation des hommes ce que l’imprimerie est à la circulation des idées. 

Un client qui n’a qu’un seul fournisseur cesse d’être intelligent. 

Un bon syndicat, c’est celui qui commencerait par expliquer aux ouvriers ce qu’est le métier de patron. 

D’autres propos de François Michelin :

La vie industrielle est telle qu’il est impossible de fixer des seuils, des échéances. 

Du jour où nous oublions que nous fabriquons des objets qui ont une finalité de service, nous faisons une erreur qui peut être mortelle.

Regarde et écoute, ce sont les personnes avec qui tu travailles qui te feront ce que tu dois être.

Le raisonnement par analogie est un merveilleux outil de travail. 

L’autorité ne se partage pas, elle s’incarne. 


C’est l’amour du progrès qui nécessite que l’on traque l’erreur.

Je ne regarde pas le chemin parcouru mais, au contraire, celui qui reste à faire. Cela permet de garder les pieds sur terre.

L’erreur la plus courante consiste à juger les choses de l’extérieur et non de l’intérieur. 

Même ceux qui réalisent les tâches les plus petites accomplissent quotidiennement une œuvre. 

Je ne connais personne qui ne soit pas heureux de faire du beau travail ; la joie de tout homme est de réussir quelque chose.”

C’est l’amour du progrès qui nécessite que l’on traque l’erreur.

Une question bien posée est une question à moitié résolue.

C’est souvent la solution écartée d’office qui aurait été la bonne.

Propos de François Michelin lors d’interviews :

« Bien sûr ! Ce qui compte, c’est le sentiment d’une œuvre, et donc d’une appartenance. Faire quelque chose qui a un sens. C’est une dimension qui permet au patron de réaliser l’unité de la maison. Pourquoi ? Parce que chacun a envie d’être reconnu. Rien ne se fait sans les hommes.

 Le désir de cohésion du politiquement correct… On écarte son désir de comprendre. On se dit : « Je suis à la mode, je suis moderne ». C’est une paresse intellectuelle. Un bon ingénieur, c’est celui qui n’est jamais content de ce qu’il sait. »

Une de ses dernières paroles, parmi les plus émouvantes, alors qu’un journaliste le questionne sur ce qu’il ferait s’il avait 20 ans aujourd’hui, il lui répond : 

« Ce qui reste d’une vie, quel que soit le support technique, c’est ce qu’on a appris auprès des hommes. Les hommes, c’est ça le plus important ».

François Michelin

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