L’Espace de Renault : un accouchement difficile

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Espace "dessin orange"

De retour d’un voyage aux États-Unis (1978), le patron de Matra Philippe Guédon souhaitait remplacer sa Rancho. Il imagina une voiture modulaire (l’Espace) pour transporter confortablement une famille et ses bagages. C’est-à-dire, un véhicule récréatif, ludique et familial. Selon le concept du « van » américain pour « aller à la pêche » et dormir dans la voiture. (Chrysler Voyager).

L’Espace, un projet Matra :

1978, Matra travaille sur un projet de l’Espace (monospace). Antoine Volanis, (un designer), élabore, en un week-End, un croquis appelé « le dessin orange ».

En novembre 1979, la division automobile de Matra (détenu à 55% par Matra, 35% par Talbot et 10% par Peugeot, propriétaire de Talbot) présente un projet. Les réactions sont positives et de nouvelles évolutions sont demandées pour pouvoir se prononcer sur l’avenir du projet. Le projet évolue dans deux directions
– Le P17 : une version plus courte basée sur plate-forme d’Horizon, ce qui nous donne une longueur de 3,84m avec un empattement de 2,52m, jugé pas assez habitable, projet abandonné.
– Le P18 : une version évoluée du P16 avec une longueur de 4,18m et un empattement de 2,60m. Motorisé par le moteur Simca 1600cc de 90cv. Il bénéficie d’un aménagement intérieur avec de la moquette.

En Avril 1981 le prototype roulant du P18 reçoit l’aval de Peugeot ce qui entraine une longue série d’essais. Peugeot n’ayant pas les ressources financières et devant gérer le sort de Talbot ne donna pas suite à la proposition.

Le projet, retravaillé en quelques semaines, et présenté à Citroën. Une étude technique P20, basée sur une plate-forme de la future BX. Le P20 fut présenté à Xavier Karcher (Directeur Technique de Citroën). Le projet fût mis en observation pendant deux mois pour un refus catégorique : « trop cher à fabriquer ».

l’Espace chez Renault :

En 1983, une lettre d’intention interviendra entre Renault et Matra Automobile. (Avril 1983). Une maquette définitive est approuvée avec un plancher et un toit plat, des sièges arrière indépendants, amovibles et interchangeables. La mécanique arrêtée : (le moteur increvable de la R30 pour les premiers modèles). Pour la carrosserie : une structure en tôles embouties protégées par galvanisation à chaud avec des panneaux de carrosserie en matériaux composite.

Renault et Matra signent un accord de coopération prévoyant :

  • L’étude et la fabrication par Matra, à partir d’organes mécaniques de Renault ;
  • Commercialisés en 1984, par le réseau européen de Renault. Un volume total prévu de 60 000 véhicules. (Il se vendra près de 1,4 millions de Renault Espace, « ancien modèle »).

Le soin de l’aménagement intérieur :

  • Sa motorisation puissante avec un 2.0 essence de 110 ch
  • Son équipement généreux (vitres et rétroviseurs électriques, verrouillage centralisé à télécommande et jantes alliage sur la finition TSE), propulse le modèle dans le monde du haut-de-gamme
  • Enfin, sa teinte de lancement (Rouge Cornaline associée à des bas de caisse brun) rappelait la combinaison de couleur mise au point pour le premier TGV. La presse dithyrambique lors des premiers essais lui trouva un surnom : « le TGV de la route ».

Renault Espace naîtra après plus de six ans de discutions, d’études, de « dessins orange », d’hésitations, de tergiversations. Le constructeur au Losange deviendra « le père du monospace ». Mais également le premier à décliner le concept mono corps. En citadine Twingo, en 1992, voiture compacte Scénic, en 1996 et en coupé Avantime, en 2001.

Les 4 versions de l’Espace (“originales”)

Autre version de la naissance de l’Espace :

Cependant, une autre version de la naissance de l’Espace prétend : que l’initiative viendrait de Chrysler Europe. Dans les bureaux de Coventry, un certain Fergus Pollock, posa les bases d’un « Supervan » : mono corps compact aux dimensions européennes… Par la suite, Chrysler aurait explicitement fourni un cahier des charges à Matra.

La carrosserie mono volume pour une meilleure habitabilité remonte à bien plus loin, avec des engins comme l’Alfa 40/60 du Comte Ricotti, en 1914, ou encore le Stout Scarab, en 1932. Si l’on considère l’adaptation du van américain à un format plus compact, il convient de citer les Nissan Prairie (1981), Mitsubishi Space Wagon (1983) et Chrysler Voyager.

2 Replies to “L’Espace de Renault : un accouchement difficile”

  1. Guy Couturier dit :

    Personnellement j’ai possédé 3 modèles d’Espace. La première dés le 1er mois de commercialisation (je crois qu’ils n’en avaient vendus qu’une vingtaine ce mois là). J’ai roulé plus de 300 000 km avec, sans gros ennuis. Et l’ai revendu (l’intérieur avait beaucoup vieillis), avec comme destinée de finir ses jours sur le port de Marseille, pour transporter des ouvriers et leurs outils de maintenance d’un quai à l’autre.

  2. Guy Couturier dit :

    Merci Hervé de me signaler cet oubli : Le Pontiac Trans Sport monospace conçue par General Motors et vendu en Europe sous la marque Pontiac à partir de 1991. Il s’agit d’un clone du Chevrolet Lumina APV et de l’Oldsmobile Silhouette. Véhicule à l’air futuriste, Mais ce ne fut pas une réussite commerciale aux États-Unis et en Europe . Une seconde génération ne fut pas commercialisée en Europe, si ce n’est par l’importation confidentielle de son clone Chevrolet Venture rapidement évincé en nos contrées par son « frère » Opel Sintra. Ce pontiac fut motorisé par des moteurs V6 de type GM 3800 en 3.1L MPFI V6 et 3.8L de cylindrée accouplés à des boîtes automatiques. Un peu plus tard vint une version 4 cylindre de 2.3L et 16 soupapes uniquement accouplée à une boîte de vitesses manuelle.

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