Hispano-Suiza : un mélange d’économie et de politique.

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Hispano-Suiza T60

Hispano-Suiza (littéralement « Hispano-Suisse » en espagnol) était une marque espagnole d’automobiles et d’équipement aéronautique. Fondée à Barcelone en 1904 par l’ingénieur suisse Marc Birkigt et des entrepreneurs espagnols.

La société mère espagnole englobera ENASA après la guerre d’Espagne. La marque « La Hispano Suiza fábrica de automóviles, S.A. » avec comme propriétaire « Grup Perelada ». Sa filiale française, constituée en 1923 avec le nom « Société Française Hispano-Suiza, S.A. », puis renommée en 2016 : « Safran Transmission Systems », aujourd’hui au groupe Safran.

Hispano-Suiza spécialisée dans les voitures automobiles, vend difficilement sa production de voitures dans son pays d’origine. Faute d’une clientèle assez riche, malgré le soutien du roi Alphonse XIII d’Espagne. En 1914, Hispano-Suiza établit à Bois-Colombes une usine pour assembler ses automobiles. Ainsi que le fameux moteur d’avion à huit cylindres en V, fabriqué à plus de cinquante mille exemplaires.

À partir de 1919, le bouchon de radiateur de la H-6-B représente une cigogne, en hommage à Georges Guynemer (de l’escadrille des Cigognes) qui combattra  aux commandes d’un SPAD propulsés par un moteur Hispano-Suiza. En 1930, la division automobile sera vendue à Fiat, pour y produire sous licence, la Fiat 514.

André Dubonnet vainqueur de la première Coupe Georges Boillot en 1921, sur Hispano-Suiza 7L.

Issus de l’usine Hispano-Suiza de Barcelone :

Durant les années 1931, 1932, 1933 et suivantes, l’usine de Barcelone a produit différents modèles automobiles. La T60, de 20 ch; la T64 présentée en 1931, 6 cylindres, la T56 bis.

En 1932, la marque lança la T60. Qui se caractérisait par la présence d’un arbre à cames latéral et des soupapes en tête commandées par des poussoirs. Par ailleurs, ce sera la première Hispano-Suiza avec le volant à gauche. Ce modèle sera remplacé en 1934 par la RL T60. Et enfin, en 1939, la T60 RLA, basée sur le modèle précédent, mais avec le châssis plus long et un moteur placé plus en avant.

De la politique !

Avec le soulèvement militaire contre le gouvernement de la Deuxième République espagnole, en juillet 1936, le syndicat anarchiste CNT saisi l’entreprise. La gestion de l’entreprise va être confiée aux comités de travailleurs.

En 1923 à l’instigation du gouvernement français, la succursale de Bois-Colombes devient la Société Française Hispano-Suiza. Qui coupe tout lien juridique avec Barcelone. Trois grandes marques Lorraine-Dietrich, Renault et Hispano-Suiza se partagent les trois quarts des commandes. Hispano-Suiza se concentrant plutôt sur les moteurs destinés aux avions de chasse.

Un changement de régime en Espagne:

La 2ème république remplaçant Alfonse XIII, cela affecta sérieusement l’image d’Hispano-Suiza. Associée depuis son origine à l’aristocratie et à la bourgeoisie. Les obstacles bureaucratiques à l’importation de matières premières imposées par les mesures d’autocratie du nouveau gouvernement, conduisirent à une forte réduction de la production. Et par là, une baisse des ventes en Espagne, mais pas en France. Où la production de châssis automobiles de luxe augmenta fortement et ainsi, le prestige de la marque resta à son apogée.

En 1946, en nationalisant toutes les usines et les brevets « Hispano-Suiza ». Ce fut la fin d’un mythe historique et le début d’un nouveau projet : la marque PEGASO. En 1947, lors de la présentation de la nouvelle marque Pegaso, le modèle Z1 qui n’était rien d’autre que l’ancien Hispano-Suiza 66G. Sera suivi par le Z101 qui lui représente la copie de l’Hispano-Suiza 66D diesel.

Le retour d’Hispano-Suiza ?

Deux sociétés tentent, aujourd’hui, de faire revivre cette marque fondée à Barcelone en 1904. L’affaire devrait se trancher via les tribunaux.

Hispano-Suiza Carmen
  • Hispano Suiza Automobile manufaktur basée en Suisse. Avec une supercar, la Maguari, un châssis de l‘Audi R8 et dotée d’un moteur V10 de 5,2 litres, dopé par de deux turbos. Lui autorisant un 0 à 100 km/h en 2,8 secondes avec une vitesse de pointe de 380 km/h.
  • Hispano Suiza Cars implantée en Espagne va miser sur la Carmen. Une GT à motorisation 100 % électrique reposant sur châssis en fibre de carbone vendue aux environs de 1,5 million d’euros. Les performances annoncées de ce coupé animé par deux moteurs électriques devraient abattre le 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes avec une vitesse de pointe bridée électroniquement à 250 km/h.

Miguel Suqué Mateu, l’arrière-petit-fils du fondateur :

De son côté, l’actuel président de Hispano-Suiza Fábrica de Automóviles veut faire prolonger l’histoire imaginée par son ancêtre. « En 1900, à ses débuts, Hispano-Suiza a construit la première voiture électrique au monde, mais le prototype n’a jamais été fabriqué industriellement ».

Des procès à suivre !

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